Mon village se porte de mieux en mieux!

On dénonce avec raison le déclin des villages en régions périphériques. Mon village, St-Germain-de-Kamouraska, était il y a 25 ans en mode survie et en perte de vitesse à tous les points de vue. Il est aujourd’hui en plein essor et de plus en plus attractif.

À l’occasion de son 125ème anniversaire, j’ai réalisé un recensement maison pour voir si le travail de développement local réalisé depuis 25 ans a porté fruit. Le nouveau visage de mon village est très étonnant et très encourageant.

Certes , la population a continué à diminuer: elle est passée de 315 à 275 mais elle s’est considérablement renouvelée. Les nouveaux-venus, des jeunes adultes désireux de se créer un mode de vie plus humain, constituent maintenant 60% de la population qui, en s’ajoutant aux originaires, contribuent à rajeunir le village et à augmenter considérablement son niveau de scolarité et son entrepreneurship. Les enfants ne constituent toujours cependant que 15%.

On dénombre une cinquantaine de petites entreprises autonomes très diversifiées qui vont de productions agricoles variées à la restauration, l’hébergement, la construction, l’artisanat, la thérapie, les services de toutes sortes: garderie, audio-visuel, graphisme, cours privés, etc.. Un groupe est en voie de racheter l’église pour y aménager un mur intérieur d’escalade (Le Cabouroc) et des espaces de travail et de rencontre. Le Théâtre des Prés, une salle bien équipée, est de plus en plus occupée. Le Symposium de peinture qui y est né attire encore une centaine de peintres chaque été. Le Sentier des Cabourons est réputé dans tout le Québec hiver comme été. Dès l’an prochain, un cirque local offrira des spectacles en soirée au cours de l’été. La plage municipale et le Rang Mississipi sont des lieux fréquentés et connus par les visiteurs.

Il existe même dans le territoire du Kamouraska un site facebook très efficace strictement consacré aux relations et à l’économie de partage qui regroupe près de 2000 personnes et fonctionne très fort, qui va du covoiturage aux échanges de meubles et de références.

Certes nous n’avons plus ni école, ni magasin, ni poste d’essence, ni caisse ou guichet bien sûr: seul un bureau de poste familial; mais on trouve tout cela à 10 kilomètres à Saint-Pascal.

Cette renaissance est le résultat de 30 ans de travail soutenu de développement local et communautaire, d’éveil d’un sentiment d’appartenance à une histoire et un patrimoine local, d’entraide et de travail d’équipe, souvent réalisé avec les personnes en début de retraite. Ce petit village agricole est devenu un village d’agriculture, de culture, de nature et d’accueuil. En ce 125ème, le programme des fêtes vise à permettre aux villageois de s’approprier leur histoire locale, leur environnement, leur culture.

Si vous voulez en savoir plus, j’animerai une soirée-mémoire des 30 dernières années vendredi prochain, le 20 avril, à 19h30, à la salle municipale (Théâtre des Prés) de Saint-Germain.
(Prenez la peine d’aller voir les photos sur Google-image-St-Germain-de-Kamouraska: un paysage grandiose, qui a donné lieu au slogan reconnu: Saint-Germain c’est beau!)

Roméo Bouchard

À propos de Roméo Bouchard

A étudié en philosphie, histoire et sciences politiques, tour à tour professeur en philosophie et communication à Jonquière, Montréal et Rivière-du-Loup, journaliste à la pige et à la CSN, agriculteur biologique et agent de développement local et régional à Saint-Germain-de-Kamouraska, co-fondateur de l’Union paysanne, de la Coalition pour un Québec des Régions et de la Coalition SOS-Pronovost, auteur de plusieurs ouvrages sur l’agriculture paysanne, le développement et l’autonomie des régions, les enjeux écologiques et la démocratie.

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