Lettre à Jocelyn Caron

Image gracieuseté de la Coopérative de solidarité WebTV

LETTRE À JOCELYN CARON
(auteur de “Choisir le progrès national”, secrétaire et membre du comité exécutif national du PQ, candidat de ce parti dans Laval-des-Rapides lors de l’élection)

 

Salut Jocelyn Caron,

Nous nous sommes déjà croisés alors que je réalisais un post-mortem électoral en 2014 pour le PQ. D’emblée je précise que je ne suis pas marxiste, même si j’ai accordé mon vote à QS lors de cette élection-ci. Il semble qu’il faille le préciser comme s’il s’agissait d’une tare lorsque désormais l’on déclare appuyer ce parti. Mon doctorat est en éthologie. Je suis intéressé par l’étude des mèmes. En fait j’ai la même formation, mais d’au moins deux à trois décennies antérieures, qu’un Pablo Servigne ou un Gauthier Chapelle (il faut lire leurs livres: “Comment tout peut s’effondrer”, “L’entraide l’autre loi de la jungle”). Ces deux auteurs arrivent aux mêmes constats que d’autres personnes avisées, comme Harvey Mead, Yves Cochet, Nicolas Hulot, Hubert Reeves, Cyril Dion, Yves-Marie Abraham, etc., à savoir que la question n’est plus de se demander si le système économique est réformable, elle est de prendre conscience qu’il va s’effondrer sous la pression des “externalités” qu’il crée, entraînant son lot de crises environnementales, sociales et économiques. Conséquemment d’appréhender dès maintenant comment on peut en atténuer les impacts en prenant les virages requis. Tout comme l’on ne peut connaître le moment où le point de bascule sera atteint dans les atteintes de cette civilisation à l’écosystème planétaire, l’on peut néanmoins savoir (et ce depuis le rapport du Club de Rome en 1972) que nous y allons aveuglément “business as usual”. Chose certaine l’échéance n’est pas pour dans 100 ans, mais tout au plus d’ici quelques décennies. Or la nature ne négociera pas, elle réagira avec force, l’espèce humaine ne comptant pas plus pour elle que toutes celles qui se sont auparavant éteintes.

La transition économique que propose QS a le mérite de bien en identifier la cause. Or elle porte un nom, si l’on entend appeler un chat, un chat: c’est le capitalisme, particulièrement dans sa forme néolibérale actuelle. De Nicolas Hulot à Harvey Mead en passant par François Delorme, tous le clament. Pourtant ce ne sont pas de dangereux doctrinaires. La communauté scientifique est aux abois. Pourtant ce ne sont pas des marxistes honteux pour utiliser l’expression chère à Christian Rioux. Il est passé le temps des demi-mesures, si l’on veut encore arrêter cette course folle vers notre propre autodestruction. Aussi le radicalisme est rendu nécessaire, radical du latin “radix” racine, il faut s’attaquer à la racine de ce qui menace l’humanité, agir autrement ce serait comme se contenter de prendre une aspirine pour soigner un cancer.

Aujourd’hui, je fête l’élection de Catherine Dorion, comme celle de Catherine Fournier. C’est à elles maintenant de préparer l’avenir avec les Gabrielle Lemieux, Émilise Lessard-Therrien, Véronique Hivon, Christine Labrie et quelques gars dont Gabriel Nadeau-Dubois, Alexandre Leduc, Jean-Martin Aussant et vous…Jocelyn Caron

Car vous avez tous un rôle à jouer dans la reconfiguration que cette urgence appelle. Il serait prétentieux pour le PQ de continuer à se prendre pour le navire amiral. Ses jeunes leaders actuels doivent avoir l’intelligence de s’entendre avec ceux de QS pour créer une nouvelle force politique qui réussira à réunir les progressistes qui ne croient plus à la social-démocratie (devenue trop souvent pour les formations politiques en étant issue du social-libéralisme), les scientifiques qui placent l’urgence environnementale au premier plan, les jeunes qui, politisés lors du printemps érable, ne se satisfont plus de demi-mesures. Regardez cette courte vidéo tournée en 2012 lors du Jour de la Terre pour retrouver l’espoir qui avait alors germé et que vous devez maintenant faire fleurir:

22 avril 2012, l’espoir

22 avril 2012, l’espoir

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Pierre-Alain Cotnoir

À propos de Pierre-Alain Cotnoir

Je me définis comme un coopérateur. Je suis présentement président de la Maison de la coopération du Montréal métropolitain coop de solidarité; président de la Coop de solidarité WEBTV ; je siège en tant qu’administrateur à la Fédération des coopératives d’habitation intermunicipale du Montréal métropolitain (FECHIMM) et au Conseil régional de l’environnement de Montréal.

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