Les illusionnistes

Je commence à me questionner sur les motifs qui font que des militants environnementaux, devenus porte-parole d’organisations écologiques en viennent à nourrir l’illusion que « tout va très bien madame la marquise, pourtant, il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien », alors que tous les indicateurs montrent que la majorité des nations n’atteindront même pas les objectifs de réduction des GES qu’ils se sont donnés, objectifs pourtant largement insuffisants pour limiter la hausse de la température moyenne sur Terre à 2°C, mais entraînant celle-ci vers un accroissement de l’ordre de 3°C à 4°C. Autrement dit, avec ces mensonges d’État, l’on se dirige tout droit en territoire inconnu avec une augmentation catastrophique de plus de 4°C portant en elle des effets de rétroaction positive encore mal cernés pouvant entraîner l’homéostasie de la température terrestre vers un nouvel état d’équilibre mortifère pour la vie même sur Terre. Aussi bien dire qu’un effondrement quasi assuré de cette civilisation thermo-industrielle est désormais à l’ordre du jour.

Alors je ne comprends pas que des Sidney Ribaux (entendu répondre lors du débat tenu par Le Devoir/Le Monde qu’il était possible de concilier l’exploitation des sables bitumineux et la lutte aux changements climatiques), Karel Mayrand (présentant les efforts lilliputiens contenus dans cette vidéo-clip https://www.youtube.com/watch?v=Ia2S4w0wD6U comme une réponse appropriée face aux dégâts causés par le néo-libéralisme marchand planétaire) et finalement Steven Guilbeault (reprenant le refrain passablement usé qu’il suffit d’un peu de bonne volonté, assaisonnée de la mise en place d’un marché du carbone ou d’une taxe sur celui-ci, pour atteindre le Graal du développement durable), jouent ainsi les mystificateurs. Est-ce parce qu’ils entendent garder leur « jobs » ou leur « aura » de grands manitous environnementaux? En tout cas, ils ne jouent aucun rôle utile et faisant prendre des vessies pour des lanternes aux gens que les écoutent.

Je préfère cent fois l’énonciation des constats des Pablo Servigne, Gauthier Chapelle, Raphaël Stevens que les élucubrations de lendemains qui chantent de nos écolos autoproclamés. À part quelques-uns comme Harvey Mead, il manque cruellement chez nous de gens pour alerter une population qui, me semble-t-il, mérite mieux que de se faire tartiner avec des contes de fées passablement surannés.

Pierre-Alain Cotnoir

À propos de Pierre-Alain Cotnoir

Pierre-Alain Cotnoir se définit comme un coopérateur. De 1975 à aujourd’hui, il s’est impliqué dans de nombreuses coopératives comme la Coopérative étudiante Durocher, la Caisse populaire de l’UQAM, la coopérative à fins sociales Café des Moissons, la Coopérative d’habitation du Châtelet, la FECHIMM, la CQCH, la CDRML, Cooptel, la MC2M, la Coop ADAPTE, et bien sûr la Coop de solidarité WebTV. Détenteur d’un doctorat en éthologie, il s’intéresse plus particulièrement à la transmission des traits culturels et aux dynamiques de changement en regard des différences culturelles telles qu’elles se manifestent dans les attitudes, les pratiques, les valeurs et les modes de vie présents au sein d’une population.

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