Gauche diversitaire: de plus en plus toxique

À mon grand regret, je me vois forcé de plus en plus de me distancier de ceux que je qualifie souvent de gauche diversitaire ou multiculturaliste.

Le débat avec cette gauche est de plus en plus impossible parce que ces gens ont la vérité et s’en font les justiciers. Ils ne discutent pas et ne veulent pas discuter: ils s’imposent et ils censurent de plus en plus, C’est la nouvelle rectitude politique. Xavier Camus n’est plus une exception: on retrouve aisément les mêmes comportements intellectuels et sociaux dans les prophéties de Sol Zanetti et les écrits narcissiques de Folco.. Tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont rapidement “réduits” à l’extrême droite identitaire, à Mathieu-Bock-Côté, lui-même étant réduit au nationalisme ethnique le plus odieux et devenu l’ennemi public. Leur alliance avec l’Islam politique et le multiculturalisme chartiste canadien, suite à la Loi 21, est désormais ouverte. Les chroniques de Christian Rioux montrent bien, d’ailleurs, que le même drame se joue en France et ailleurs dans le monde.

Leur infiltration, comme un virus, à travers Québec solidaire qui se fait un devoir de les représenter, est observable un peu partout dans les tribunes publiques, les médias publics et sociaux, les milieux universitaires, intellectuels et artistiques, les maisons d’édition, les syndicats même. Un militant syndical de longue date m’expliquait récemment que la position qu’a prise la CSN contre la Loi 21 ne représentait nullement l’opinion de la majorité des travailleurs de la Centrale, mais que ceux-ci ont refusé de prendre le micro par crainte de se voir traités de racistes. Ils gagnent même les campagnes avec la venue de néo-ruraux qui apportent avec eux, certains du moins, ce virus dont on se serait bien passé et qui vient nous éloigner encore davantage des vrais défis sociaux et économiques des régions.

Ils envahissent tous les champs d’action et de débat, avec leur hache de déconstruction: le nationalisme, la citoyenneté, la démocratie, la laïcité, les Autochtones, les Noirs, le racisme, le féminisme, les sexes et les genres, l’histoire, le colonialisme, la reproduction, l’éducation, tout, Ils déconstruisent tout mais ne construisent rien.

Je suis de gauche, mais pas de cette gauche. Je suis d’une gauche citoyenne, liée au peuple, à mon peuple, celui qui est rené à la Révolution tranquille, s’est ouvert à la liberté, au monde, à la tolérance, à l’égalité et à la solidarité sociale, à la démocratie, à un peuple généreux et joyeux et non à cette secte de victimaires qui n’ont que l’excommunication et l’accusation en bouche: le retour des jansénistes.

J’ai un pied dans le passé, un autre dans l’avenir et la tête dans le présent. J’ai des racines qui me permettent de tenir dans le vent. J’ai encore 18 ans….

Roméo Bouchard

À propos de Roméo Bouchard

A étudié en philosphie, histoire et sciences politiques, tour à tour professeur en philosophie et communication à Jonquière, Montréal et Rivière-du-Loup, journaliste à la pige et à la CSN, agriculteur biologique et agent de développement local et régional à Saint-Germain-de-Kamouraska, co-fondateur de l’Union paysanne, de la Coalition pour un Québec des Régions et de la Coalition SOS-Pronovost, auteur de plusieurs ouvrages sur l’agriculture paysanne, le développement et l’autonomie des régions, les enjeux écologiques et la démocratie.

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